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Notes

Les limites des ratios au m²

8 octobre 2026

Il est difficile de trouver une référence actualisée du coût annuel au m² des bâtiments scolaires. Il existe des études partielles, et chacune repose sur des hypothèses qu’il faut lire avant de s’en servir.

J’ai eu plusieurs fois à faire ce calcul. Je me suis pourtant gardé de comparer mon résultat à ces valeurs : je ne savais pas ce qu’elles contenaient, et je savais combien de choix il avait fallu faire pour établir le mien.

Pour calculer le coût d’un bâtiment, il faut rassembler des données qui viennent de plusieurs logiciels. Le logiciel financier donne ce qui a été commandé et payé à l’extérieur : les travaux des entreprises, les contrats de maintenance, les assurances, les factures d’énergie. Le logiciel des interventions donne le travail des régies : ce que les agents ont fait, le temps qu’ils y ont passé, le matériel et les matériaux qu’ils ont utilisés.

Le nettoyage, lui, est dans l’un ou dans l’autre, ou dans un troisième, le logiciel du personnel d’entretien, selon qu’il est confié à une entreprise ou fait en interne. Pour une école, il pourrait bien être le premier poste de fonctionnement, devant l’entretien du bâtiment lui-même. Avant de comparer deux ratios, il faut savoir s’ils le comptent tous les deux.

Le coût des régies pose d’autres questions. Une intervention, ce sont des heures multipliées par un taux horaire. Lequel : celui fixé à la mise en place du logiciel, parfois depuis des années, ou celui d’aujourd’hui ? Quant au matériel, le logiciel financier l’enregistre par commandes groupées, sans dire pour quel bâtiment, et les bons de travaux des régies le rattachent à chaque intervention. Si l’on additionne les deux, il est compté deux fois. Mieux vaut retenir les bons de travaux, quand ils sont renseignés, et laisser les commandes de côté.

La période compte aussi. Un gros chantier en régie est saisi sur une année alors qu’il s’étale sur deux. L’année qui le porte paraît chère, la suivante paraît calme. Et s’il y a eu de l’investissement, il faut bien l’étaler sur plusieurs années.

Reste le dénominateur. Les m² sont ceux de la surface de plancher, de la SHOB ou de la surface utile, et les trois diffèrent sensiblement sur un même bâtiment. Le document qui donne un ratio précise rarement laquelle a servi. Pour ma part, je retiens la surface de plancher, et je le précise.

Les valeurs publiées restent utiles comme ordres de grandeur. Mais avant de conclure qu’un bâtiment coûte trop cher, il faut pouvoir écrire ce que contient chacun des deux chiffres, poste par poste, période et surface comprises. Si l’un des deux ne peut pas s’écrire, l’écart ne s’interprète pas.

Victor Adam, fondateur d’Arvitria

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